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Et « BIM » ! GCI à pieds joints dans le futur de la construction.
Maquette 3D réalisée en BIM
Ondes de buzz

Lu, parlé, dessiné

Et « BIM » ! GCI à pieds joints dans le futur de la construction.

mercredi 1er février 2017, par AC Chavois

Building Information Modeling en VO. Modélisation des données du bâtiment en VF. Chez GCI, la révolution BIM est en marche et rien ne pourra l’arrêter. Alexandre Guibout, chargé d’affaires, responsable du bureau d’études et… BIM manager, décrypte pour nous ce nouveau graal.

GCI.Dans le secteur du bâtiment et de la construction, ces 3 lettres sont sur toutes les lèvres. Mais au fait, c’est quoi le BIM ?

Alexandre Guibout. Le BIM, c’est tout simplement une nouvelle façon de produire des pièces graphiques pour la conception des bâtiments, intégralement en 3D. Le principe, c’est de pouvoir fédérer tous les corps de métier (architectes, concepteurs, BET, entreprises du bâtiment) autour d’un même fichier de travail : le fichier IFC, carrefour central des échanges entre tous les intervenants d’un projet.

GCI. Une révolution en marche ?

Alexandre Guibout. Pour le secteur du bâtiment oui ! Le secteur automobile, tout comme celui de la mécanique ou de l’aérospatiale, ont pris beaucoup d’avance et intègrent la 3D à leurs process R&D depuis longtemps déjà. Chez GCI, nous avons anticipé très tôt le besoin de produire en 3D. Nous créons déjà, en interne, nos propres outils pour cela. Avec le BIM, nous intégrons un système international, commun à tous. Au 1er janvier 2017, la loi exige de pouvoir répondre en BIM sur les projets publics.

GCI. Et vous êtes prêts ?

Alexandre Guibout. Nous oui. Il existe 3 grands niveaux de BIM : le BIM 1 (interne), le BIM 2 (mutualisé), le BIM 3 (centralisé), niveau ultime qui permettra à terme de déposer le fichier IFC sur un serveur centralisé sur lequel tous les membres d’un groupement pourront intervenir en simultané. Actuellement, nous avons un pied dans le BIM et pouvons revendiquer un niveau BIM 1-B. Ainsi, nous savons produire des maquettes en 3D pour échanger avec l’extérieur. Mais elles ne sont pas exclusives. Un jeu de plans 2D, de coupes et de façades reste indispensable pour garantir une description complète et détaillée du projet. En 2017, nous visons à poursuivre notre essor en développant le travail collaboratif entre tous les acteurs du projet et atteindre ainsi le BIM niveau 2.

GCI. Quels sont les freins principaux à une classification supérieure ?

Alexandre Guibout. Pour que le BIM soit complètement opérationnel, tous les intervenants doivent y être intégrés. Or, tous nos co-traitants ne sont pas encore prêts à prendre le même chemin. Les acteurs du gros-œuvre et les charpentiers sont le plus en avance sur le sujet. Pour un carreleur ou un peintre, l’utilité immédiate du BIM est moins évidente. Comme toute grande révolution, cela va prendre du temps. Il faut se former, s’équiper… Nous estimons qu’une décennie sera nécessaire pour parvenir à un BIM centralisé.

GCI. Alors, faut-il y croire ?

Alexandre Guibout. Bien sûr ! Le BIM, c’est l’outil de l’avenir qui offre une palette infinie de performances. Il permet par exemple une visite virtuelle pour le client, à l’intérieur de son bâtiment. D’un simple clic de souris, il peut se promener dans sa maquette dynamique, de jour ou de nuit, vérifier l’éclairement d’une pièce aux différentes heures de la journée, se rendre compte des dimensions d’un bureau ou d’une salle de réunion. On peut aussi créer des planches de tendances pour proposer de multiples combinaisons de revêtements (sol, murs…) ou palettes chromatiques. C’est un document de travail interactif et malléable qui nous accompagne tout au long du projet.

GCI. Mais encore ? D’autres avantages techniques ?

Alexandre Guibout. Ils sont nombreux. les premiers bénéficiaires du BIM sont les clients qui jouissent d’une réduction du coût global (conception et réalisation plus rapides, plus précises, optimisation des procédés constructifs). L’outil est également au service de l’exploitation et de la maintenance : domotique, gestion du patrimoine, gestion technique, planification des entretiens, traçabilité et travaux futurs...

Le système BIM fonctionne comme une véritable mine d’informations que l’on peut solliciter au gré des besoins. Il crée notamment des alertes qui permettent de lister instantanément les conflits, les interférences techniques (une gaine devant une porte par exemple…). De la même manière, si on change un élément, tout ce qui est impacté par ce changement va bouger aussi automatiquement.
En outre, le BIM peut servir de base à l’économiste pour établir les ratios, anticipe le chantier… Il pourra même, à terme, produire les pièces écrites descriptives. Tout cela bien sûr à condition qu’il soit utilisé avec rigueur et application par l’équipe. Car dans le BIM, la main et le cerveau humains demeurent à la base de tout. Ce n’est pas magique.

GCI. D’où votre nouvelle casquette de BIM Manager…

Alexandre Guibout. En effet, en tant que BIM Manager, je suis le référent quant à l’intégration du BIM dans les projets. À ce titre, j’assure une veille sur l’outil et son utilisation. Coordinateur des échanges entre les corps de métier, j’organise la diffusion et le partage des données en 3D. 80% de mon travail consiste à coordonner les échanges. Les 20% restants constituent de la synthèse de plan. Le BIM manager, c’est l’huile dans les rouages du BIM.